Qui je suis
Je marche seul dans des villes que je ne connais pas, un Leica Q3 en bandoulière, sans itinéraire. Basé à Namur, en Belgique.
Je ne planifie jamais une série à l’avance : elle se décide sur place, au premier regard qui m’arrête.
Noir et blanc, ou couleur
Je travaille dans les deux : la couleur raconte le lieu, le noir et blanc raconte la personne. Le choix se fait après, jamais avant : je regarde ce que la photo a besoin de dire.
Ma série la plus personnelle pousse l’idée jusqu’au bout : elle photographie des photographes en pleine parade, chaque image existant dans les deux langages à la fois : l’œil qui regarde, regardé à son tour.
Je ne prends pas une photo pour montrer une ville. Je la prends pour montrer ce que la ville faisait à quelqu’un, l’espace d’une seconde.
Où je pose le regard
Namur d’abord, par fidélité. New York ensuite : j’y suis retourné cinq fois, et la série s’est refaite à chaque voyage, jamais la même. Puis Rotterdam pour sa géométrie, Tokyo pour son vertige silencieux, et toutes les villes où un regard m’a arrêté.
Ce que je ne suis pas
Je ne suis pas du genre à demander la permission avant de photographier, ni du genre à en profiter pour être malhonnête. Je m’approche, je prends, je m’en vais : la rue ne se rejoue pas.
Je ne suis pas non plus pressé. Une série peut attendre des mois avant que je comprenne ce qu’elle raconte.